Bichkek


Kirghizistan, Bichkek, Musée d'Histoire, © L. Gigout, 2012
Bichkek, porte du Musée d'Histoire, Chuy Prospekt.


Dimanche 30 septembre. À sept heures, je suis à la station des taxis pour Isfara. J’embarque presque aussitôt dans un minibus. J’arrive à Isfara vers dix heures où je change de véhicule. C’est un taxi collectif qui passe la frontière kirghize et va jusque Batken. Pas de problème à la sortie du Tadjikistan. Du côté Kirghize, le policier, après avoir tourné plusieurs fois les pages de mon passeport, me fait signe d’attendre.
– Ya frantsous, je lui dis, niéto visa.
Depuis août, il n’est plus besoin de visa pour le Kirghizistan.
– Znayou, répond-il.
S’il sait, pourquoi ne me laisse-t-il pas passer ? Il téléphone. Je continue d’attendre. D’autres personnes passent devant moi. Je reviens à la charge car le taxi m’attend. Nouveau coup de fil et son chef finit par se montrer. Le gradé prend son temps pour examiner mon passeport et décider enfin de mettre le tampon. À Batken, changement de véhicule pour Och où nous arrivons six heures plus tard. L’heure est en avance d’une heure au Kirghizistan par rapport au Tadjikistan, il est donc dix-huit heures, trop tard pour prendre l’avion pour Bichkek où j’ai décidé de me rendre avant de revenir à Och par la route. Le lendemain, je me trouverai dans cet avion à côté de Dariya, étudiante en aéronautique à Dresde. Elle me dira retourner en Allemagne après des vacances passées dans sa famille. Nous discuterons tout au long du court vol et pendant notre déjeuner ensemble à Bichkek en attendant qu’elle aille retrouver des parents.

La capitale du Kirghizistan me semble plus moderne que Tachkent ou Douchanbé. Quand je dis moderne, je sous-entends, sans le vouloir, ayant adopté les codes qui me sont familiers. Comme s’il ne pouvait y avoir de modernité autre qu’occidentale. Bref, il y a à Bichkek des petits cafés sympas et des filles portant minijupe. On aperçoit au sud les hautes montages aux sommets saupoudrés de blanc de l’Ala-Too qui culmine à 4 800 mètres. Le trafic automobile est dense mais, chose inhabituelle en Asie centrale, les automobilistes respectent les piétons et leur cèdent souvent le passage. Le Mig de la rue Kiev, le nom des rues, les étoiles rouges, le grand magasin Tsum sont là pour rappeler le passé. On a parfois trouvé une nouvelle destination à ce patrimoine. Comme ce kiosque à proximité du parc Dubovy. À l’intérieur, se trouve une belle statue antique représentant une femme portant sur sa tête une vasque, et l’extérieur est décoré de motifs entrelacés. Il fait maintenant office de karaoké. Parc Dubovy, devant la statue de Manas, des manifestants réclament la nationalisation d’un groupe canadien qui exploite l’or du pays. La Police omniprésente se contente d’observer. Une manifestation pacifique en Asie centrale, voilà qui corrobore les propos de René Cagnat quand il affirme que le minuscule Kirghizistan, entouré de pays totalitaires, est le pays le plus démocratique de la CEI. Et l’on pourrait ajouter, un des rares pays où une femme a été investie des pouvoirs présidentiels, même si l’épisode fut de courte durée puisqu’il s’agissait d’une période de transition. C’est de nouveau un homme qui tient les rênes du pays depuis 2011, après une élection libre. Voilà qui me met en appétit et je vais déjeuner dans la belle chaïkhana Jalalabad, rue Togolok Moldo, où il y a de nombreux et beaux tapchanes.



Kirghizistan, Bichkek, Chuy Prospekt, chaïkhana Naïza, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Nurahim dans la chaïkhana Naïza, Chuy Prospekt à Bichkek.
Kirghizistan, Bichkek, chaïkhana Jalalabad, rue Togolok, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Chaïkhana Jalalabad, rue Togolok.
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Chaïkhana Jalalabad, rue Togolok.
Kirghizistan, Bichkek, chaïkhana Jalalabad, rue Togolok, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Chaïkhana Jalalabad, rue Togolok.

Bichkek, avenue Chuy, rassemblement contre l'exploitation des mines d'or par le Canada.



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