Ferghana ou la Nouvelle Marghilan


Ouzbékistan, Ferghana, gazli souv, © L. Gigout, 1999
La jeune vendeuse de citronnade du marché de Ferghana, 1999.


Le taxi collectif nous laisse au bazar vers deux heures. J'abandonne mon bagage dans la boutique de tissus d’un passager du taxi et me mets en quête d’un hôtel. À proximité du bazar, le Ziyorat est en travaux. À l’hôtel Intourist, où j’étais descendu en 1999, je me fais apostropher par une grosse dame. Qu’est ce que je veux ? Il n’y a pas de chambres ! J’essaye l’hôtel Asia. La réceptionniste, une Russe à la quarantaine voluptueuse, décolleté généreux et jupe courte moulante, me dit que les chambres sont chères après avoir jeté un regard méfiant sur mon sac de voyage qui n’est pas de première fraîcheur. J’opte finalement pour la pension Valentina, appartement dans un immeuble soviétique tenu par un couple de Russes à la retraite. Leurs trois filles sont parties, l’une aux États-Unis, les deux autres en Russie. Ils n’ont pas l’air d’aimer beaucoup la tournure qu’a prise leur vie depuis l’Indépendance.

J’ai encore en tête la géographie de Ferghana que je retrouve malgré les travaux. L’hôtel Intourist, le parc Al-Farghoni, le canal, le bazar. Je marche le long d’une large voie dont une partie est défoncée et l’autre en cours de pavement. C’est une nouvelle “Broadway” qui se construit, me dira-t-on. Broadway, autre nom de cette artère animée de Tachkent qui va de la place Amir Timour au square Mustakillik. Broadway, ça veut dire ici allée piétonne bordée de boutiques destinées à la classe supérieure. Cette allée, je la suivais en août 1999 pour aller déjeuner de blinis dans une petite chaïkhana du bazar. Je me souviens de la jolie vendeuse de citronnade que j’avais prise en photo. La buvette est toujours là mais la vendeuse est une enfant. Serait-ce sa fille ? Une Maison de la Culture, en travaux elle aussi, voisine un Ferghana Trade Center flambant neuf. Habituel parc d’attraction avec ses manèges désuets. Grands platanes dont les feuilles mortes jonchent le sol. J’aime cette calme atmosphère d’automne où tout se meut au ralenti. La ville a été construite par l’armée impériale russe en 1876. Des architectes français ont participé à son édification, utilisant Saint-Pétersbourg comme modèle et contribuant à lui donner cet aspect de ville coloniale. On l’appelait la Nouvelle Marghilan car elle était juste à côté de la ville fondée par Alexandre. Elle a pris le nom de Ferghana avec l’arrivée des soviétiques.

Je visite les chaïkhani des rues Bozorshi, Kosimov et Parta Zavog. Il émane de cette dernière une musique assez forte. À dix heures, ce lundi matin, un orchestre joue pour une cinquantaine de personnes attablées. Fête de lendemain de mariage. Comme je m’approche, je suis immédiatement convié à participer au plov matinal. Tournées de vodka. On me demande de prendre en photo les invités.



Ouzbékistan, Ferghana, rue Kosimov, chaïkhana Kantin, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tapchane, chaïkhana Kantin rue Kosimov.
Ouzbékistan, Ferghana, rue Kosimov, chaïkhana Kantin, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Zïwan, chaïkhana Kantin rue Kosimov.
Ouzbékistan, Ferghana, Alex dans la chaïkhana Grand, © L. Gigout, 2012
Alex dans la chaïkhana Grand.


Supplément photos Ferghana

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