Proletar-Gulakandoz


Tadjikistan, Khodjent, Proletar, Gulakandoz, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Gulbahor et Aygul (debout) à Proletar-Gulakandoz.


Zilola est dans la norme : 20 ans, mariée depuis juin, attend un enfant. Elle parle anglais avec un timbre nasillard qui me la rend difficile à comprendre. Elle me propose de venir dans son village situé à 40 km de Khodjent. Son mari m’accompagnera parce qu’elle même ne le peux pas pour des raisons de convenance. Ville ou campagne, les comportements s’adaptent.

Je me rends donc à Gulakandoz en suivant les indications du SMS envoyé par Zilola. Je dois tout d'abord prendre un bus pour une petite ville au nom charmant de Proletar qui englobe le "village urbain" de Gulakandoz. J’ai le temps de visiter le bazar avec ses toiles blanches tendues au dessus des passages labyrinthiques. Outre les denrées et articles habituels, on trouve ici des balles de coton, du raisin à profusion et, bien entendu, des melons, des montagnes de melons. Une femme promène un bouquet d’herbes en train de se consumer pour en encenser les étals. J’aime l’ambiance de ces petits marchés et leur parfum épicé. Javohir me conduit tout d’abord chez son oncle. Une maison dans une rue tranquille où l’on sent une certaine aisance. Beau jardin fleuri. Sur le tapchane installé dans l’entrée, sa tante est occupée à des travaux comptables. L’oncle est à Moscou. Comme presque tous les hommes adultes de cette famille, il s’occupe d’un réseau qui recrute des travailleurs tadjiks pour les faire venir en Russie. Activité lucrative si j’en juge d’après le confort de la demeure, certainement plus lucrative que l’activité des immigrés eux-mêmes.

Nous nous rendons ensuite rue Davron Samatov dans la chaïkhana dans laquelle travaille le père de Javodir. Un homme charmant au visage bienveillant, qui m’invite à séjourner dans sa maison. Pour terminer, Javodir me conduit chez lui. Ici aussi, la maison est riche. Il y règne une douce fraîcheur et un calme reposant. Le jeune homme m’installe dans un salon meublé de profonds canapés et équipé d’une télévision grand écran qui capte les chaînes satellites. Pas de tapchane dans le jardin mais un kiosque à colonnes sculptées en fait office. Seule une vieille femme est présente. Je serai toujours le bienvenu dans sa demeure, me dit-elle, après que Javodir m’ait présenté sa grand-mère. Il se retire un instant et revient revêtu de son uniforme d’étudiant, pantalons à plis, chemise boutonnée, cravate. Sans cravate, il est impossible d’entrer sur le campus. Il me propose de me ramener à Khodjent. Il prend également en voiture deux amis et sa femme. Bien avant que Zilola n’apparaisse, il me prévient que je devrai lui céder ma place à l’avant car elle ne peut prendre place à côté des garçons à l’arrière.




Tadjikistan, Khodjent, Proletar, Gulakandoz, chaïkhana, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Tapchane hexagonal, chaïkhana de Proletar-Gulakandoz rue Davron Samatov.
Tadjikistan, Khodjent, Proletar, Gulakandoz, chaïkhana, tapshan, tapchane, © L. Gigout, 2012
Double tapchane, même lieu.
Tadjikistan, Khodjent, Proletar, Gulakandoz, chaïkhana, © L. Gigout, 2012
Quatre hommes sur une terrasse, même lieu.


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